
Que dit la Press?
Conséquence indirecte des changements du travail et notamment de son organisation, les troubles musculo-squelettiques (TMS) voient leur nombre augmenter: au premier rang d'entre-eux, le syndrome du canal carpien. Ces affection viennent de passer en tête des maladies professionnelle déclarées en France. Le syndrome du canal carpien se manifeste à la suite d'une lésion du nerf médian au niveau du "creux de la main". Il apparait lors de gestes répétés ou prolongés qui exigent une extension du poignet ou un appui sur le talon de la main, mais aussi lors de mouvements de préhension répétés ou prolongés. TMS:
DES AFFECTIONS LIEES AUX GESTES REPETITIFSLa sollicitation intensive des tendons actionnant le poignet finit par provoquer une inflammation des tendons et de leurs gaines et entraîne une compression du nerf. L'affection se manifeste d'abord par des douleurs et des fourmillements survenant en fin de nuit, dans les trois ou quatre premiers doigts. Le malade, réveillé, fait disparaître ces douleurs en secouant simplement la main. Cependant, lorsque les causes du mal persistent, la paralysie du pouce ne peut être évitée que si l'on pratique une opération chirurgicale. Ce genre d'intervention est malheureusement très fréquente: on enregiterait tous les ans 130 000 opérations pour ce type d'affection.
Le déclenchement de ce syndrome peut avoir une origine professionnelle. Certaines activités de la vie courante telles que le bricolage, le cyclisme, le hand ball, la pratique d'un instrument de musique... sont également susceptibles de conduire au même résultat, Affection à composante professionnelle, le syndrome du canal carpien est reconnu comme maladie professionnelle. Le tableau No 57 qui définit les conditions d'indemnisation des affections péri-articulaires, jusqu'alors très restrictif, vient d'ailleurs d'être élargi par la Commission spécialisée du Conseil supérieur de Prévention des risques professionnelles.
(Décret No 91-877 du 3 septembre 1991, J.O du 7 septembre 1991)
En abattoir, chaque année, un salarié sur quatre est victime d'un accident du travail. Pour un salarié sur dix, l'incapacité sera permanente. Cette réalité, beaucoup l'acceptent sans doute par manque de temps, de moyens ou de recul nécessaires. Les chiffres ne mentent pas; malgré certains efforts accomplis, aucune amélioration n'a été enregistrée en une décennie. Fatalitas?
Objectif sécurité Tout au long de ce dossier nous avons tenté de dresser un état des lieux (forcément non exhaustatif) des réalités et des réflexions. Sans aborder des aspects purement techniques, il s'agissait de relancer un débat de fond. Il importait de décrire ce qui existe, d'analyser ce qui est réalisé pour mieux comprendre les évolutions qui seront demandées demain aux entreprises viande.
Parmi ces évolutions, c'est l'enjeu de la prochaine mise en conformité des machines qui a retenu une grande partie de notre attention. Un enjeu? Sans aucun doute, mais aussi des contraintes et un coût. L'analyse des textes, l'explication des modalités de mise en oeuvre et une enquête auprès d'équipements peuvent apporter un éclairage sur cette formidable opportunité d'en finir avec la fatalité de l'accident du travail.
On connaît l'objectif qualité, l'objectif économique, l'objectif hygiène, il faudra désormais s'imprégner de l'objectif sécurité...
(E.Thienpont, A. Eloi, Le Magazine Abattoirs Entreprises Viande, No 107 Août 1995)